Sacha Un détour dans le futur Sauvée



- Son coeur s'est remis à battre ! S'exclame une voix et un autre répond :

- Comment est-ce possible ? Avec le coup qu'elle a reçu sur la caboche, elle devrait déjà être en train de serrer la pince à Saint Pierre !

- Et pourtant, je te jure ! Viens voir !

- C'est incroyable, elle pourra se vanter d'avoir eu du bol, celle-là !

- T'imagines qu'elle soit partie dans un monde parallèle ? Ce serait extraordinaire !

- Tu veux que je te dise, tu regardes trop de films de science-fiction et ça te lave complètement le peu de cervelle que tu as déjà? railla l'autre.

J'ai des tuyaux et des fils un peu partout, j'ai l'impression que l'on me donne des coups de marteau sur le crâne. J'essaie d'ouvrir les yeux, mais c'est la première fois que j'ai tant de difficultés à les ouvrir. J'ai l'impression que l'on me les a celés avec une colle super forte. Enfin, j'arrive à ouvrir un oeil que je referme à la vue de toutes les têtes chapeautées de vert.

J'ai envie de pouffer de rire en voyant leur tronche complètement ébahie. Je finis par ouvrir les deux yeux et regarde entre les médecins pour voir si je suis en enfer ou en paradis. Non, je crois que je suis arrivée à bon port! La TERRE.

- La Terre, enfin, la Terre, Terre, si belle Terre tant aimée !

L'un des médecins hausse un sourcil mi-ironique, mi-moqueur.

- Elle a reçu un sérieux coup sur la caboche. Mettez-la-moi en soins intensifs, dit-il en reprenant son sérieux.

Dans ma chambre d'hôpital, je m'habille avec mon pull et mon jeans. Ils ont étés lavé après mon accident car le sang les avait complètement tâchés. Une infirmière de couleur basanée s'approche de moi et me dit :

- Mademoiselle, avant de laver vos affaires, nous avons pris soin de vider vos poches et nous vous ramenons ce que nous en avons retiré.

Elle me met un sachet mauve dans les mains avant de se retirer avec une démarche boiteuse. Je vide le contenu du sachet sur une tablette et j'en retire mon portable, 100 francs en pièces de un franc, un porte-clefs avec une queue de raton laveur synthétique, un vieux crayon tout mâchouillé et ... une lettre. Je fronce les sourcils, je ne me rappelle pas avoir mis cette lettre dans ma poche. Je la décachette et lis le message :


« Ma petite Pat, tu ne dois sûrement pas te rappeler de moi après tout, je ne suis que l'inventeur qui t'a renvoyée sur cette bonne vieille Terre. Je voudrais que tu te glisse dans la chambre 314 et que tu me débranches une bonne fois pour toutes. Je t'embrasse en espérant que quand tu auras terminé de lire cette missive, je serai dans quelques instants au paradis. Signé : Johan. »

Soudain, l'écriture malhabile me saute aux yeux et je revois le visage du vieil homme, celui de Xénia et de tous ces êtres qui ont fait ma vie de quelques instants. Ma vue se brouille et une larme glisse le long de ma joue avant d'aller s'écraser sur le col de mon pull. Mes doigts et mes lèvres tremblent pendant que je me remémore des instants inoubliables?

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