Sacha Un détour dans le futur Mise au point



Je retourne à l'appartement où Xénia m'attend en mitonnant un plat de légumes crus.

- Où t'étais ?

Me demande-t-elle tandis que j'enlève ma veste fraîchie par la fine pluie qui s'est abattue sur moi durant le court trajet de mon retour.

- Je suis allée chez un écrivain.

- Lequel ? Demande-t-elle en goûtant la vinaigrette de son plat.

- Johan Flyburry.

- Ah ? Le fou ?

- Pourquoi le fou ?

- Il raconte que l'on a tous une autre vie dans un autre univers, dit-elle en tournant énergiquement dans le plat de légumes.

- Pourquoi ce ne serait pas vrai ?

- On raconte qu'il s'est fait choper par un bullo-volant et que depuis, il n'a pas toute sa raison.

- Et tu crois tout ce que l'on raconte ? Moi, je trouve que c'est un type très sympa et qu'il est très intelligent..

- Y'a de quoi ! Il travaillait avec les scientifiques avant. Mais il est parti en déclarant que c'était un asile pour fous et pas un lieu pour étudier les sciences. Il a fait la une de tous les journaux pendant au moins une semaine.

- Il n'avait pas tort en disant que c'était un asile de fous, c'est pas des scientifiques tous ces mongols ! Ce sont de véritables malades mentaux !

- C'est vrai qui sont pas toujours très normaux mais Patrick est un cas à part.

- Tu veux rire ou quoi ? Il est peut-être pas complètement siphonné mais c'est un gros mongol !

- T'es vraiment pas sympa, le pauvre lui qui est si gentil.

- Arrête, tu vas me mettre la larme à l'oeil ! Dis-je d'un ton sarcastique.

- Tu retournes quand chez lui ?

- Peut-être demain, je sais pas. Pourquoi ?

- Pour savoir.

- Tu pourras me prêter un peu d'argent ?

- Pourquoi ?

- J'aimerais acheter une balançoire.

- A ton âge ?

- Ecoute Xénia, c'est très important pour moi et si tu ne veux pas le faire pour moi, fais le pour avoir la paix le restant de tes jours.

- Oh, là ! J'ai dû manquer une ligne ou alors tout un paragraphe !

- Ecoute, je n'ai pas très confiance en ton petit chouchou, j'ai peur qu'il m'expédie sur Mars pour avoir la paix.

- Martis. Corrigea-t-elle.

- Si tu veux. Tandis que Johan et moi, nous avons quelque chose en commun. Nous venons du même endroit !

- Tu veux dire que toi et lui vous venez de...

- Oui !

- Mais c'est génial ! Et tu crois qu'il sait comment revenir chez toi ?

- Il détient une solution plutôt biscornue mais bon? Je ferais tout pour revenir chez moi et tu le sais bien.

- Ouais, mais pour l'instant, fais la vaisselle !

Et elle me mit un essuie entre les mains avant de se diriger vers sa chambre.

Pour la première fois de ma vie dans cet endroit bizarre, je me réveille avec le sourire. Je saute de mon hamac et me dirige en chantonnant vers la cuisine. Là j'y prends 2 bananes que je coupe en rondelles et que je mets dans un mixer. J'y rajoute 2 boules de glaces à la banane, 2 petits sachets de sucre vanille et ¾ de litre de lait. Je mixe le tout en continuant de chantonner. Je jette un coup d'oeil à la montre murale et décide d'aller réveiller Xénia qui comme d'habitude roupille à poings fermés.

J'arrive dans la chambre et lui verse dans sa bouche entrouverte le liquide glacé. Elle sursaute avec effroi. Après m'avoir vue rire dans mes moustaches, elle commence à boire un peu de mon milk-shake avec une frimousse de délice.

- C'est bon, qu'est-ce que c'est ? Me demande-t-elle en avalant une dernière gorgée de la boisson froide.

- C'est un milk-shake, c'est une spécialité américaine.

- Américaine?

Répète-t-elle en jetant un regard suspicieux au récipient qui contient le liquide apprécié.

- Il faudra que tu me donnes la recette de ton truc, c'est vraiment délicieux !

- OK ! Tu me prêtes du fric pour aller acheter ma balançoire ?

- Ouais, va voir dans l'évier de la salle de bains, il doit bien y avoir un peu d'argent qui y traîne. T'as qu'à te servir.

- Merci, ma poule.

- Service.

Je me dirige vers la salle de bains tandis que Xénia continue de siroter son milk-shake avec autant de grâce qu'une ballerine en chaussures de marche. Je prends l'argent qui traîne dans l'évier et je le fourre dans la poche de la chemise qui me sert de vêtement de nuit. Après je vais m'habiller. Je jette un regard moqueur à Xénia assise dans un gros fauteuil de cuir devant la TV qui essaie de manger le plus de beignets que possible en regardant un type qui parle de la manière de faire un régime. Je regarde les vêtements éparpillés un peu partout dans la chambre et je décide de mettre un jeans et un sweat-shirt à col roulé blanc. Je passe un coup de brosse dans mon épaisse chevelure et enfile une paire de bottines à hauts talons. Quand je passe par le salon pour sortir, Xénia, la bouche pleine se tourne vers moi et hausse un sourcil moqueur en me regardant de haut en bas. Je sais qu'elle est en train de critiquer, encore une fois, ma tenue vestimentaire. Je hausse les yeux en l'air et je claque la porte de la sortir.

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