Sacha Un détour dans le futur Révélations



- Ben, ma biche, tu m'as fichu une de ces trouilles ! C'est moi qui ai failli mourir d'une syncope !

J'ouvre les yeux, un brouillard me serre l'esprit.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Tu avais trop bu et tu t'es affalée comme un sac de pommes de terre en plein milieu de la piste de danse.

- C'est pas vrai !

- Non bien sûr ! tu es retournée au bar pour que l'on te resserve un whisky et tu t'es endormie sur le comptoir après avoir vidé ton verre comme si c'était ton sang. T'es une ivrogne ?

- Non ! C'était la première fois que je buvais autant d'alcool en si peu de temps.

- 'Faut toujours une première fois pour ce faire des raisons et des interdictions. Tu vas me raconter toute l'histoire, d'accord ?

- D'accord ! Et je lui sers toute ma salade en repoussant la faute sur la « fumeuse de moquette ».

- Tu fais vraiment tout ce qu'on te dit de faire ? Elle t'aurait proposé de fumer un joint que tu l'aurais fait, c'est ça ?

- Ca va, j'ai fait une erreur et je suppose que toi tu n'en n'as jamais fait ?

- Changeons de conversation.

Je ris, je l'adore quand même cette nana.

- N'oublie pas d'aller à la parfumerie, demain. Tonya t'attends avec impatience !

- Ho ! Je vois le tableau ! Cerbère toutes griffes dehors, la gueule emplie de sang et le cul en flammes !

- T'insinues quoi ?

- Elle est en chaleur cette gonzesse !

- C'est vraiment pas sympa ce que tu dis là !

- Bof, on est plus à ça près. Chez moi, les filles sont très pestes et je suis encore la plus gentilles de toutes !

- Chez toi ? C'est vrai ? D'où viens-tu ?

Ca devait arriver et c'est arrivé au moment où je m'y attendais le moins.

- Quand je te le raconterai, tu ne me croiras jamais !

- Mais je suis prête à croire tout ce que tu voudras !

- Alors ouvre bien tes feuilles de chou. Je ne suis pas comme vous.

- Ca, t'as pas besoin de me faire un discours pour que je le remarque ! Dit-elle en pouffant de rire.

- Très drôle ! Je viens d'une ville qui s'appelle Paris, c'est en France. J'habite un quartier modeste situé non loin de la Tour Eiffel. C'est très beau, de mon balcon, tu peux voir les jets d'eau qui sont situés à ses pieds ; la nuit, tout est illuminé et quand le ciel est dégagé, on se croirait dans un décor de carte postale. Je suis parfumière dans un superbe magasin de la place Vendôme. J'ai un petit ami qui s'appelle Timothée mais tout le monde l'appelle Tim. Avant-hier, j'avais congé et j'étais sortie faire une promenade pour me dégourdir les jambes. J'ai redécouvert mon ancienne balançoire et quand je me suis balancée, les cordes ont lâché et je me suis pris ma remise à outils de jardin. Et je suis arrivée dans ce monde sans aucune blessure.

- Tu veux dire que quand je t'ai emmenée chez moi, tu venais juste d'arriver dans mon monde, c'est ça ?

- Oui.

- Quelle histoire ! Et je suppose que tu veux retourner chez toi ?

- Ma ville, mon appartement et surtout mon petit ami me manquent, tu sais. Et ici, ce n'est pas mon monde et je n'arrive pas à m'y habituer.

- Je comprends. Et je n'ai pas envie de te rendre malheureuse en te retenant ici.

- Tu es l'amie la plus formidable que je connaisse, tu sais Xénia.

- Nous irons consulter les scientifiques de la ville et nous allons voir comment on peut te renvoyer chez toi.

- Xénia, quand je serai de retour chez moi, je ne t'oublierai jamais.

- Arrête, tu vas me faire pleurer. Bon, allons chez nos amis pour leur exposer notre problème.

- Très bonne idée !

Nous montons dans le truc qui sert à se déplacer et nous volons jusqu'à une sorte de citadelle entourée d'un beau nuage rose.

- Il doivent faire les prévisions météorologiques.

- Comment peux-tu savoir ça ?

- C'est le nuage du beau temps, quand ils font les prévisions, il le font descendre pour lui accrocher un ballon météo ; t'as pigé ?

- Non, mais ça ne fait rien.

Nous entrons dans la citadelle, c'est bizarre ! Très bizarre ! Des tas OVNI progressent entre ciel et terre. C'est pire que dans les films de science-fiction. Je me pince la fesse droite pour me réveiller, mais je ne rêve pas. Je suis en train de vivre dans un monde de conneries.

- Tu veux que je t'aide ?

- A quoi faire ?

- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, ça fait deux plombes que tu te pinces le derrière.

- Ah, désolée.

Un type en blouse blanche passe devant moi à califourchon sur un balais à ressorts qui fait des bonds effrayants. Un entonnoir en plastique couvre son crâne bien dégarni et un rire de gamin s'élève de sa bouche tandis qu'il crie avoir attrapé les étoiles. Cette fois-ci, je suis vraiment dans un asile.

- Au fait, y'en a qui se croient tout permis ; donc ne fais pas attention à ce qu'ils te disent.

- Très bien, et si ils me demandent quelque chose, qu'est-ce que je leur réponds ?

- Tu trouveras une réponse par toi même.

- Cool !

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