Sacha Un détour dans le futur Une envie de meurtre



Une araignée se ballade sur mon nombril, j'ai pas envie d'ouvrir les yeux pour voir cette horrible chose velue faire l'ascension de mon bedon. Je lève la main pour l'écraser et clac! Le coup a dû être fatal! C'est drôle, j'ai l'impression de l'entendre marmonner:

- Tarée! Givrée! Folle! Elle m'a écrasé les doigts à la manière paysanne!

J'ouvre un oeil, puis l'autre. Oh, ow! Je crois que ce n'est pas une araignée que j'ai écrasée mais les doigts de Xénia! Je redresse la tête et la regarde avec un sourire d'excuse.

- Désolée, je croyais que c'était une araignée!

- Merci pour la comparaison? Mais il fait si propre que même ma mère en ferait une crise cardiaque! Les cloportes n'osent même plus s'écraser en dessous de mes semelles!

- A ce point là?

- Promis-juré-craché!

- Ah, non, pas ici! J'ai nettoyé hier!

Nous prenons ce qui doit normalement s'appeler un petit déjeuner, le nôtre, est vraiment très petit. Je m'habille, prends mon sac et j'attends Xénia devant la porte. Je regarde l'heure tourner. Les aiguilles tournent inlassablement égrenant les minutes et les secondes dans un tic-tac assourdissant. Après un bon quart d'heure, Xénia sort de la salle de bains fraîche comme une rose.

- J'ai bien cru que tu t'étais noyée dans la baignoire.

- Une patronne comme moi doit toujours montrer l'exemple en étant toujours nettoyée jusqu'à la pointe des pieds!

- Pigé! On y va?

Nous sortons de l'appartement et prenons le bullo-bidule.

Nous arrivons devant une bâtisse à l'allure modeste, une enseigne clignotante indique: «Plus belle parfumerie de la Ville sans nom».

- On est modeste dans la maison!

- 'Faut bien faire sa pub, que veux-tu!

Nous entrons dans le magasin. Pas mal! Tout est entièrement en verre, et quand je dis tout, c'est tout! Sauf la caisse. Il y a deux de mes collègues qui servent chacune une personne. L'une a les cheveux roux, les yeux bleus, des taches de rousseur et porte une robe à fleurs bleue, l'autre, a le regard froid et vert, des cheveux châtains presque noirs et porte un pantalon vert et un t-shirt noir à col roulé. Elle me jette un coup dédaigneux et continue sa tâche avec un sourire de sale caniche énamouré envers la cliente.

- Elle s'appelle Tonya et la rousse, c'est Antonella. Elles sont toutes les deux charmantes. Mais fais attention à Tonya, c'est la pire des pestes. Ne te laisse pas marcher sur les pieds.

- Pas de problèmes, j'ai l'habitude de contrer ma chère et tendre soeur.

- Très bien, dans ce cas là, je vais te laisser. Bisous!

- Ouais, c'est ça! Bisous!

Pff, c'est la merde! J'ai l'impression de tomber comme un cheveu dans la soupe. Je me dirige vers le comptoir. Tonya me barre la route.

- On peut savoir ce que tu fais ici?

- Xénia m'a engagée et je commence mon boulot aujourd'hui!

- Ah bon! Pour pouvoir servir du parfum a des femmes, il faut d'abord sentir bon soi-même!

Elle rit en se logeant derrière le comptoir. Grr, je vais la bouffer! Si elle recommence à me charrier, elle se ramassera un sale truc en plein dans la tronche! Et je lui dit:

- Hé! Cerbère, je m'appelle Patricia mais on m'appelle Pat.

- Pat? Comme le chien de la BD? C'est trop drôle!

Là, c'est moi qui l'ai reçu dans la tronche.

- Dis-moi Cerbère, t'as un petit ami?

- Bien sûr!

- Le pauvre, j'espère qu'il a pris soin de s'acheter un bouclier et une muselière!

Elle me jette un regard noir, là, c'est moi qui ai gagné le point.

- Je suppose que votre petit copain, c'est celui en face qui fait les poubelles?

- Tu dois faire erreur, mon petit ami est médecin. Mais tout le monde peut confondre certaines personnes avec leurs frères et soeurs.

Antonella dit à Tonya:

- Je crois que tu as trouvé quelqu'un à ta taille.

- Tu veux rire ou quoi ? ! Elle a dix centimètres de moins que moi.

J'interviens:

- Pourquoi pas trente tant qu'on y est?

- Toi, je t'ai à l'oeil.

- Ouais, c'est ça! Quand je vois ta gueule, je suis fière de mon cul!

Elle eut un sourire forcé avant de me tourner le dos et de se diriger vers une cliente qui venait d'arriver.

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